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Avec ou sans chute ? Un choix stratégique

Il existe des solutions qui empêchent la chute, généralement les plus coûteuses. Il existe aussi des solutions qui n’empêchent pas la chute mais la stoppe. Dans ce cas, la hauteur de chute est curieusement proportionnelle aux économies réalisées sur l’équipement.

L’entreprise ne peut plus ignorer ces deux types de solutions et se contenter du seul critère du prix d’achat. Accepter la chute, c’est en prévoir la hauteur (très variable selon les installations) et tous les scénarios de chute pour s’assurer qu’en aucun cas l’intervenant ne puisse se blesser en heurtant un obstacle ou sous l’effet du pendulage.

Les risques doivent donc être étudiés de manière approfondie par l’installateur. Accepter la chute, c’est aussi prévoir les surcoûts d’exploitation et notamment le coût induit du dispositif humain d’évacuation obligatoirement sur site à chaque intervention, sans oublier les heures de formation et d’entraînement des équipes aux manœuvres de secours d’urgence.

Au bilan, la stratégie sans chute peut se révéler plus économique et plus sereine…

A ce jour, aucune obligation n’imposait le contrôle des dispositifs d’ancrage. Seuls les décideurs responsables, considérant le dispositif d’ancrage au même titre qu’un harnais ou qu’un antichute, lui appliquaient la même fréquence de contrôle. Mais ils n’étaient pas la majorité. Par ailleurs, trop de sociétés ont accepté des dispositifs d’ancrage pour lesquels elles n’ont ni note de calcul, ni attestation de conformité, bref aucune référence technique prouvant leur validité. A l’heure où il faut intervenir, sur quoi s’appuyer pour donner le feu vert à l’utilisation de ces soi-disant « dispositifs de sécurité » ? Eh oui, quand on achète un prix, on en a toujours pour son argent !

La recommandation de la CNAMTS exige que le dispositif d’ancrage soit « maintenu en état de conformité avec les règles techniques de conception et de construction applicables lors de sa mise en service ». Ce constat d’origine est indispensable. Le texte précise la nécessité « d’une vérification tous les ans… selon un plan pluriannuel permettant à terme une vérification complète de l’installation ». Pour les ancres structurelles scellées dans le béton, un contrôle périodique est préconisé. La valeur de test et la durée, rappelées dans ce texte (§ 9.3), sont celles retenues dans l’annexe A de la norme EN 795. Il en va de même des installations sur structure métallique qui doivent être contrôlées au couple à l’aide d’une clef dynamométrique. La périodicité choisie sera fonction de la qualité de la structure d’origine, de la zone géographique, de la pollution alentour… et du degré d’incertitude acceptable pour le propriétaire des installations, en fonction des normes d’échantillonnage. Ce texte offre donc une liberté d’organisation, seule comptant la garantie de pérennité du dispositif d’ancrage.

 

Pas de sécurité assurée sans contrôle régulier des dispositifs d’ancrage

Si ce document rappelle certaines obligations comme de ne jamais travailler seul, d’avoir été formé à l’utilisation, d’élaborer des consignes d’utilisation… il apporte aussi une nouveauté : l’obligation de prévoir des secours « d’urgence ».

Pour des raisons de coût, certaines sociétés s’orientent vers des lignes de vie dont les pas entre supports intermédiaires sont extrêmement importants. En cas de chute, la flèche du câble augmente en proportion et allonge la hauteur de chute de 2 à 3 mètres parfois. Cela pose le problème de l’évacuation du travailleur.

Difficulté aggravée par les systèmes « à bas prix » qui placent le câble à portée de main pour faire passer le mousqueton et qui augmentent encore la hauteur de chute. Des essais cliniques réalisés au CHU de Besançon il y a quelques années, à la demande de la Fédération de spéléologie, ont montré qu’une personne suspendue dans son harnais peut mourir en quelques minutes sous l’effet de la pression exercée par les sangles de son harnais sur les artères fémorales.

A bon entendeur…

Ce texte vient rappeler à l’entreprise ces obligations en matière de secours d’urgence ; à elle de les prendre en compte, de former son personnel à cette discipline et à veiller, au niveau du planning, à avoir dans l’entreprise un

effectif toujours disponible et entraîné pour cette mission.

 

Après la chute, l’urgence

AVEC ou SANS CHUTE est un axe de réflexion débouchant sur un véritable choix stratégique pour l’entreprise.

Un petit détour technique va caractériser la chute, en tant qu’événement et distance parcourue dans le vide. La chute ne doit jamais être sous-estimée mais évaluée à sa juste mesure pour en prévoir toutes les conséquences.

A propos, connaissez-vous la hauteur de chute en tout point de votre installation ?

Partons d’un repère simple. L’anneau dorsal d’un harnais se trouve normalement positionné au carrefour des deux droites comme indiqué sur le schéma et à une hauteur maximum de 1,40 m (pour une personne de 1,80 m).

Hauteur point d'attache harnais

Si le dispositif d’ancrage est situé à au moins 1,90 m du sol, l’amorce de chute sera sans conséquence, même en tenant compte des 0,30 ou 0,50 m de sortie de câble ou de sangle avant blocage d’un antichute à enrouleur fonctionnant par survitesse. Au-dessus de 2 m, l’enrouleur en légère tension est encore plus réactif. Plus on descend le dispositif d’ancrage, en-dessous de ces 1,90 m, plus on augmente la hauteur de chute.

A l’extrême, si le dispositif est situé aux pieds de l’intervenant celui-ci sera obligatoirement, équipé d’une longe, avec un absorbeur d’énergie, suivi de deux connecteurs, le tout faisant 2 mètres. Résultat des courses en cas de chute : 2 m de chute libre, 1,50 m de freinage et d’absorption de choc, 0,40 m de déplacement de l’anneau dorsal du harnais vers l’occiput. Si la personne mesure 1,80 m et qu’on souhaite conserver une marge de sécurité de 0,30 m, il faut disposer d’un tirant d’air de 6 mètres. Si l’ancrage rigide est remplacé par un ancrage flexible de classe C (ligne de vie), le calcul doit en plus tenir compte de la flèche du câble.

 

Quels sont les facteurs qui influent sur cette flèche ?

  • Le poids du câble donne la valeur de la tension initiale nécessaire à l’obtention d’une quasi droite, plus esthétique et plus facile au fonctionnement de certaines lignes de vie. Plus le diamètre du câble est important et plus la tension initiale sera élevée. Au moment de la chute il faudra y ajouter le pic de force.
  • La distance entre les supports influe sur la hauteur de la flèche. Pour un câble inox de 8 mm (7 torons x 7 fils) et pour un intervalle de 5 m, la flèche sera de 1 m. Pour un intervalle de 15 m, la flèche passera à 3,20 m.

Ceci n’est pas sans conséquence. Dans l’exemple précédent, où le dispositif est situé aux pieds de l’intervenant, le tirant d’air passe à 7 m pour un pas de 5 m et à 9 m pour un pas de 15 m. A ce sujet il faut souligner que les

lignes de vie « simplifiées », où le mousqueton est passé à la main, ne peuvent pratiquement pas être installées à une hauteur supérieure à 1,40 m. En effet, la personne est dans l’obligation de faire une manipulation manuelle pour passer le mousqueton au droit du support intermédiaire. Le point d’accrochage du harnais étant à la même hauteur, voire inférieure, la chute libre sera au moins égale à la longueur de la liaison antichute.

• Enfin, plus la longueur du câble de la ligne de vie est importante, plus le module d’élasticité du câble utilisé influe sur le comportement de l’installation. Cette démonstration révèle qu’en fonction du choix AVEC ou SANS

CHUTE les conséquences sont radicalement différentes. Il faut être pleinement conscient, qu’avec une chute, l’évacuation doit être menée rondement. Cela signifie former, gérer le personnel de sorte qu’une équipe soit en permanence et rapidement opérationnelle, intégrer cette contrainte aux équipes travaillant en 3 ou 4 x 8.

Flèche d'un câble

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